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“Nous sommes en train de travailler contre les thérapies de conversion #LGBT. C’est une pratique intolérable ! Elles doivent cesser partout.” C’est ce qu’a déclaré Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat pour l’égalité entre les hommes et les femmes sur son compte Twitter le 10 avril dernier. La députée LREM Laurence Vanceunebrock-Mialon a réagit en annonçant que cela ferait justement l’objet d’une proposition de loi. Ces thérapies visent à «guérir» l’homosexualité et la transidentité. Elles laissent des séquelles indélébiles sur les personnes qui ont du les subir. Il est inacceptable que la France, patrie des droits de l’Homme, continue à autoriser de telles pratiques.

 

L’acronyme LGBT, qui signifie ” Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels ” regroupe en réalité toutes les personnes qui ne s’identifient ni comme hétérosexuelles, ni comme cisgenre. Voici un glossaire détaillé illustrant la diversité des termes utilisés par la communauté LGTB+ et les définitions associées.

La communauté LGTB+ rassemble beaucoup de personnes différentes. Et pour aucune d’entre elles leur orientation sexuelle est un choix. Ainsi, il n’existe aucune preuve que cette dernière puisse être influencée par la redirection, la “conversion” ou être influencée significativement par les efforts psychologiques ou d’autres interventions. C’est pourtant ce qu’affirment les thérapies de “conversion”.

Quelques drapeaux et symboles LGTB+

 

Qu’est-ce qu’une thérapie de ” conversion ” ?

 

Ces thérapies sont aussi connue sous le nom de thérapie de réorientation sexuelle ou bien encore thérapie réparatrice. Elles ont pour but de changer l’orientation sexuelle d’une personne de l’homosexualité à l’hétérosexualité.

Pour comprendre l’idée derrière ces thérapies, il faut rappeler que, pendant très longtemps, l‘homosexualité était considérée comme une maladie mentale. En France, ce n’est qu’en  1981 qu’on retire l’homosexualité de la liste des maladies mentales. L’OMS ne le fera que plus de 10 ans plus tard.

Les premières thérapies voient le jour au XIXe siècle. Les techniques utilisées jusque dans les années 1990 suivent celles utilisées dans le traitement des paraphilies. Les plus violentes incluent des électrochocs, l’administration de drogues, des attouchements, des viols ou la prostitution. Des greffes de testicules d’hommes hétérosexuels à des hommes homosexuels, ainsi que des mutilations ont également été tentées. Parmi ces techniques, on trouve aussi l’exorcisme, la douche froide et l’hypnose. Il en existe d’autres, majoritairement utilisées dans les thérapies actuelles, plus psychologiques, qui cherchent à dégoûter le patient de son attirance pour les personnes du même sexe en accentuant les stéréotypes, en le dégradant, ou encore en insistant sur le fait que l’homosexualité est ” un péché “. D’autres encore couple un stimulus (des images d’hommes nus par exemple) à des sensations déplaisantes (douleurs, nausées…). Après plusieurs répétitions, le stimulus sexuel à contenu homosexuel devient un stimulus conditionnel qui déclenche automatiquement une réponse d’anxiété chez le patient Il est ainsi évident que ces thérapies posent problème, de par leur nature même.

De nombreux témoignages existent. Parmi ceux-là, je vous renvoi au témoignage de Deb Cuny, 37 et éducatrice aux Etats-Unis, qui a subi une thérapie à 20 ans. Zulema Constante et Denise Freire racontent elles aussi l’enfer qu’elles ont vécu en thérapie de ” conversion ” en Equateur.

Affiche publicitaire pour Exodus International, organisation qui promouvait les « thérapies de conversion ». Traduction du texte : ” J’ai mis en doute l’homosexualité. Le changement est possible. Découvrez comment “. Crédit James A. Finley/AP Photo

 

Vers une interdiction de ces thérapies en France ?

 

Jeudi 1er mars, le Parlement européen a adopté, avec 435 voix pour, 109 contre et 70 absentions, l’amendement n° 8 qui encourage vivement les pays membres à interdire les thérapies de conversion. Le 28 mars dernier, l’État de Washington est quant à lui devenu le onzième État américain à abolir cette pratique. Qu’en est-il de la France ?

La député LREM de l’Allier Laurence Vanceunebrock-Mialon a décidé en avril de s’attaquer aux thérapies de ” conversion “. La député déposera la proposition de loi mi-mai. Même si ces pratiques restent assez marginales en France, contrairement aux Etats-Unis ou en Equateur, la député défend sa position. Elle déclare que ” Ces pratiques sont indignes et même si elles sont méconnues, elles ont lieu en France où elles font des ravages. L’Union européenne a appelé ses Etats-membres à légiférer. Si la France est le pays des droits de l’homme, elle ne peut pas rester silencieuse sur cette question. “.

Actuellement, Malte est le seul pays de l’Union européenne à avoir interdit ces pratiques. La député souhaite s’en inspirer. Elle veut punir ces pratiques par des peines de prison allant de trois ans, même en l’absence d’ITT, à dix ans d’emprisonnement, dans le cas où elles auraient entraîné le suicide d’une personne LGBT+. Des amendes conséquentes calquées sur l’article L-222 du code pénal punissant les auteurs de ” tortures ou d’actes de barbarie “, accompagneraient ces peines.

Une proposition qui devrait ravir les associations de défense LGBT+ qui dénoncent ces pratiques depuis des années. Le président de SOS Homophobie, Joël Deumier, pointe que ” C’est une bonne nouvelle car ces pratiques sont une atteinte à l’état des personnes et il est nécessaire que les pouvoirs publics les préviennent et puissent les sanctionner : une loi est donc un bon moyen de mettre ce sujet dans le débat public “.

Bien sûr, seul le temps nous dira si cette loi aura des effets positifs ou pas.

 

Sources : Libération, C’est comme ça, L’internaute, FémininMasculin Culture, Le journal international, Konbini News.

Pour aller plus loin : SOS Homophobie : https://www.sos-homophobie.org/ ; Chambre de commerce gaie du Québec, Lexique LGBT sur la diversité sexuelle et de genre en milieu de travail : https://cclgbtq.org/wp-content/uploads/2015/12/Lexique-LGBT.pdf  ; Courage, bloguons !, “ C’est quoi l’asexualité ? “, https://couragebloguons.com/2015/04/26/cest-quoi-asexualite/ ; C’est comme ça, pour les jeunes lesbiennes, gays, bi, trans, curieux…, http://www.cestcommeca.net/ ; Au sujet des paraphilies : Dr Ioana Atger, ” Chapitre 4 – Quelles sont les différentes méthodes thérapeutiques, leurs modalités, indications, objectifs et obstacles particuliers, leurs limites et leurs complémentarités. Comment évaluer leurs résultats ? “, http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/conf/confagrsex/GrpeBiblio/Biblio4.html ; Le journal international, ” Des cures de deshomosexualisation au XXIème siècle “, https://www.lejournalinternational.fr/Des-cures-de-deshomosexualisation-au-XXIeme-siecle_a1935.html ; Pour les anglophones : Huffington post, ” True LGBTQ Stories: Gay Conversion Therapy Victim Says He Was Electrocuted (VIDEO) “, https://www.huffingtonpost.com/nathan-manske/gay-conversion-therapy_b_997330.html,

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