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650 000 Français vivent aujourd’hui avec l’autisme. Un handicap extrêmement lourd, autant pour la personne qui le subit que pour ses proches. Seulement 20% des enfants atteints de cette maladie sont scolarisés et très peu sont pris en charge correctement. Ainsi, très peu de personnes autistes arrivent aujourd’hui à s’intégrer à un milieu professionnel. 

Qu’est-ce que l’autisme ?

 

L’OMS décrit l’autisme comme étant un trouble envahissant du développement qui affecte les fonctions cérébrales.

Cette maladie se déclare de façon précoce, avant que l’enfant atteigne 3 ans. Elle est caractérisée par un isolement, une perturbation des interactions sociales, des troubles du langage, de la communication non verbale, une grande résistance aux changements et des activités stéréotypées, répétitives avec restriction des intérêts. La personne présente aussi des hyper ou hypo-sensibilités sensorielles.

Les experts préfèrent parler de TSA (Troubles du Spectre Autistique) plutôt que d’autisme, puisque les manifestation de ce dernier sont très diverses. On peut néanmoins distinguer deux formes de manifestation de l’autisme : une particularité ou déficit de la communication et la présence de comportements répétitifs.

L’autisme ne se guérit pas mais ses symptômes peuvent s’atténués avec l’âge. Si bien que certains finissent par mener une vie normale ou quasi-normale

 

L’autisme dans le monde du travail

 

 

Le monde du travail est souvent un milieu mal adapté et stressant pour les personnes autistes, où elles ont beaucoup de mal à s’intégrer.

 

Le 16 mars 2017, le philosophe et écrivain Josef Schovanec, lui-même atteint du syndrome d’Asperger avait déposé un rapport à la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion. Dans ce dernier, il formulait des solutions à apporter pour améliorer le devenir des adultes autistes et leur permettre d’intégrer le monde du travail.

Il déclare que si une si grande partie des autistes étaient au chômages, c’était à cause d’un manque de cadre adapté. Le recrutement est largement favorable aux personnes neurotypiques. « Si on veut que la personne autiste n’intègre jamais un lieu de travail, il suffit de lui faire passer un entretien d’embauche », confirme le président d’autisme France. En effet, rappelons que les caractéristiques de l’autisme comprennent une perturbations des relations sociales et des difficultés de communications verbales et non verbales. Et ces dernières sont capitales lors d’un entretien d’embauche.

Dans le rare cas où une personne atteinte d’autisme trouve un travail, il est courant qu’elle ne se sente pas ” à sa place “.  Souvent mal orientés, ils se retrouvent à des postes qui leurs sont mal adaptés, entourés de personnes qui ne comprennent pas toujours leur handicap et soumis à des mesures qui peuvent leurs sembler répressives. L’Obs nous offrent le témoignage de quelques autistes Asperger.

Pourtant, dans le domaine qu’ils les intéressent, les autistes peuvent se révéler plus compétents que les personnes neurotypiques. Une valeur que peu d’employeurs savent reconnaître derrière les difficultés sociales.

Tout cela montre qu’il est très difficile pour un autiste d’intégrer le monde du travail et d’y rester. Pourtant, cette situation n’est pas une fatalité.

 

Des solutions sont possibles !

Un travail clair et défini, sans modification de dernière minute et un environnement calme peuvent faire des miracles pour le confort d’une personne autiste

 

Comment faciliter l’entrée des autistes sur le marché de l’emploi ? Cela commence d’abord par une meilleure connaissance de la maladie et un meilleur diagnostic. De nombreuses personnes travaillent sans savoir qu’elles sont autistes ou sans disposer d’un diagnostic juste.

Il est aussi nécessaire de réformer les rouages de l’embauche en elle même. L’entretien doit être supprimé car il  n’a aucun intérêt, puisqu’il ne permet pas de détecter les compétences d’une personne autiste. A la place, Schovanec propose une épreuve technique et aussi de développer l’accompagnement des personnes autistes par un référent, afin d’éviter les trop nombreux échecs en période d’essai. Cette proposition s’inspire directement des pays étrangers (scandinaves et anglo-saxons) qui utilisent des coaching spécialisés ou qui mettent en place des référents uniques.

Ensuite, dans le cas où l’autiste arrive à trouver un travail, il serait nécessaire d’adapter le poste à ses particularités. Cela passe par des horaires plus souples et aussi par le développement poussé d’outils logiciels ciblés sur cette population. Ils sont encore réservés uniquement aux enfants, à tort.

L’orientation vers des métiers avec une très forte technicité, comme ceux liés à l’armée ou encore l’informatique ou ceux qui permettent une plus grande flexibilité des horaires comme traducteurs, serait aussi une solution.

 

Un an après ce rapport, peu de choses ont changé. La France accuse toujours un énorme retard par rapport à la prise en charge des personnes autistes. Il est donc essentiel qu’elle prenne des mesures pour une meilleure intégrations de ces personnes au monde du travail.

 

Sources : Pourquoi docteur ?, Vaincre l’autisme, L’Obs, Talenteo, Handicap.fr

Pour aller plus loin : Vaincre l’autisme, ” L’autisme en chiffres clés “, http://www.vaincrelautisme.org/content/l-autisme-en-chiffres-cles, Spectre de l’autisme.com, https://spectredelautisme.com/ ; “ Autisme : Survivre au monde du travail ” : https://www.youtube.com/watch?v=hZIkvKmo24k ; Talenteo, ” Travailler avec un(e) collègue… autiste asperger “, https://www.talenteo.fr/travailler-collegue-autiste-asperger/

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