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Le 5 avril 2018, la justice colombienne a pris une décision historique : elle a reconnu  l’Amazonie colombienne comme « sujet de droit ». Désormais, le gouvernement Colombien doit mettre en place des politiques afin de préserver sa forêt. Ceci est d’autant plus important que la Colombie a longtemps fait partie des 5 pays avec le taux de déforestation le plus important. Ceci pourrait ouvrir la voie à d’autres décisions de ce type et à terme, réduire de manière significative la déforestation.

 

La déforestation, un problème écologique mondial

 

La déforestation a fortement augmenté lors du XXème siècle. En effet, 45% de la surface forestière terrestre a disparu durant ce siècle. Les 4 milliards d’hectares restants sont menacés par la déforestation, en particulier dans les zones tropicales.

L’agriculture migratrice (soit le défrichement à des fins agricoles) et l’élevage sont aujourd’hui les principales causes de la diminution des forêts. Dans la forêt amazonienne par exemple, la migration des colons des Andes vers le bassin amazonien a engendré une forte pression agricole, ainsi que des systèmes agricoles extensifs. Cela a eu pour conséquence des terres dégradées, peu rentables et même infertiles. Cela pousse les paysans à brûler de nouvelles terres tous les 3 ans environ afin de rester productif. L’élevage quant à lui nécessite des milliers d’hectares de terres déboisées afin d’y mettre le bétail.

L’exploitation forestière est la plus ancienne cause de déforestation. Les techniques néfastes pour la forêt, ” la coupe à blanc ” comme ” la coupe sélective “,  gaspillent énormément de bois. En effet, seul 30% du bois coupé sera ensuite commercialisé. De plus, ces techniques peuvent aussi priver la forêt de son équilibre naturel.

 

Effets de la déforestation visibles en 1986 dans le bassin de l’Orénoque, entre le nord de la Colombie (au sud de cette photo satellite) et le Venezuela (au nord). 

 

Les dangers de la déforestation

 

Les forêts jouent un rôle capital dans l’équilibre de notre planète. Elles abritent de nombreuses espèces animales, dont certaines sont fortement menacées. Elles produisent 40% de l’oxygène de l’atmosphère et sont de véritables puits à carbone. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle la forêt Amazonienne ” le poumon vert de la planète “.

Le biologiste français Francis Hallé déplore la disparition grandissante des forêts. Surtout que les forêts les plus touchés restent les primaires et les tropicales. Ce sont des forêts où l’activité humaine et faible ou non-existante, et elles représentent donc un refuge pour de nombreuses espèces animales. Ces dernières risquent purement et simplement de disparaître si leur habitat naturel est dévasté par la déforestation.

En plus de l’impact sur la biodiversité, la disparition des forêts a également un gros impact humanitaire et social. En effet, plus de 1.6 milliard de personnes dépendent aujourd’hui des forêts. Sans elles, ces personnes se retrouvent dans le dénuement en ce qui concerne leurs besoins essentiels en eau et en nourriture, et également pour construire leurs habitations.  La majorité de ces personnes appartiennent à des communautés pauvres, vivant dans des régions forestières. 60 millions d’entre elles appartiennent également à des communautés autochtones et locales qui vivent directement dans les forêts.

Mais le danger le plus important de la déforestation reste celui du dérèglement climatique. Un hectare de forêt stocke environ 15 tonnes équivalent CO2 par an. Ce qui fait que lorsqu’un arbre est coupé, il ne produit plus d’oxygène mais en plus, il déverse dans l’atmosphère tout le CO2 qu’il a accumulé. Ainsi, la déforestation est directement responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre. Si nous voulons lutter efficacement contre le réchauffement climatique, il est essentiel de lutter d’abord contre la déforestation.

La justice colombienne est parvenue à la même conclusion le 5 avril 2018, lorsqu’elle  a ordonné au gouvernement de prendre des mesures afin d’endiguer la déforestation.

 

De nombreuses populations autochtones dépendent des forêts pour survivre.

Une décision historique

 

Tout a commencé en janvier 2018 lorsque 25 jeunes colombiens, appuyés par l’ONG Dejusticia, ont traduit en justice leur Etat. En effet, la situation était devenue inquiétante dans ce pays où la déforestation aurait augmenté de 44% entre 2015 et 2016. Ces jeunes revendiquaient donc  leurs droits fondamentaux à la vie et à l’environnement, et le respect de leurs droits constitutionnels.

La justice colombienne leur a donné raison et a officiellement reconnu la forêt amazonienne comme étant un sujet de droit. Elle a donné à l’Etat colombien un ultimatum de 4 à 5 mois pour préparer un plan d’action afin de préserver la forêt. Elle reproche également à ce dernier de ne pas avoir évaluer la déforestation à sa juste mesure et ce, malgré le fait que la Colombie est pris de nombreux engagements internationaux à cet effet.

Cette décision, si elle n’est pas courante, n’est pas non plus complètement inédite. La Cour constitutionnelle colombienne avait en effet déjà statué en 2016 que le fleuve Atrato, très pollué, avait des ” droits ” à la protection et la conservation. La Cour Suprême s’appuie sur ce précédent et déclare : ” Les droits accordés par la Constitution de la Colombie impliquent [ que les ] êtres humains qui y habitent (…) doivent pouvoir jouir d’un environnement sain leur permettant de mener une vie digne et de jouir du bien-être. “.

Cette ” justice sociale “ fleurit depuis ces dernière années : le Pakistan, les Philippines, les Pays-Bas ou encore les Etats-Unis ont déjà vu naître pareilles initiatives. Le but est de faire prendre aux Etats leurs responsabilité face au réchauffement climatique. En effet, ils ont le devoir de protéger leur population et doivent répondre pour leur inaction ou leurs actions inefficaces dans le domaine.

Ainsi, les citoyens prennent eux aussi les armes pour lutter contre le réchauffement climatique.

 

Reforest’action, replantez des arbres pour créer un environnement plus sain

En parlant d’initiative citoyenne, l’entreprise Reforest’action vous invite à participer à son action. Fondée en 2010 par Stéphane Hallaire, elle a pour vocation principale de protéger l’environnement et de lutter contre la déforestation.

La particularité de cette entreprise, c’est qu’elle permet à chacun, particulier ou entreprise, d’avoir une empreinte positive sur l’environnement en plantant des arbres, et en dépassant ainsi la neutralité carbone.

Comme le dit Reforest’action, le principe est simple : ” à travers une action combinée sur le climat et la biodiversité, nous pouvons à la fois freiner le changement climatique et restaurer les écosystèmes naturels. Maîtrisez votre empreinte et compensez-la en plantant des arbres. Chaque jour qui passe, vous contribuerez ainsi à la création de multiples bénéfices : lutte contre le changement climatique, renforcement de la biodiversité, création d’emplois locaux, amélioration de la qualité de l’air…  Vous créez de meilleures conditions de vie pour vous, les autres, les générations futures et l’ensemble du vivant “.

Ainsi, le participant plante des arbres en ligne, faisant ainsi grandir une ” forêt digitale “, et les Reforest’acteurs les plantent sur le terrain. Ils privilégient des projets de plantation pluri-essences, adaptés à l’écosystème local.

Ces initiatives sont financées par les Reforest’Acteurs et les entreprises partenaires, et sont conduites localement par leurs partenaires sur le terrain : forestiers, entreprises sociales, associations, ou encore ONG.

Les arbres plantés sont suivis dans la durée par des experts forestiers et des techniciens agronomes afin d’assurer leur croissance dans les meilleures conditions possible.

Mais comment plante-t-on des arbres en ligne ? Pour cela, rien de plus simple. Il vous suffit d’aller à cette adresse, choisir un projet sur la carte, choisir le nombre d’arbres que vous voulez planter, s’identifier sur le site en créant un compte ou si c’est déjà fait en vous connectant et à payer via un paiement en ligne sécurisé ! De plus, un arbre coûte seulement 3€. C’est à la porté de toutes les bourses et peu cher payé au vu des bénéfices écologiques que cet arbre aura !

Pour plus d’information, je vous invite vivement à aller sur leur site et ainsi découvrir tous les projets qu’ils ont mis en oeuvre.

 

Sources : PostivR, ID4D- Agence Française du Développement, Envol-Vert, Nations Unies – département des affaires économiques et sociales, The Conversation

Pour aller plus loin : Consoglobe : ” La déforestation dans le monde en 10 données clés “, https://www.consoglobe.com/deforestation-dans-le-monde-cg ; Notre-planète.info, ” Les principales causes et solutions à la déforestation “, https://www.notre-planete.info/actualites/891-causes_solutions_deforestation ; Futura sciences, ” Les peuples indigènes menacés “, https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/ethnologie-peuples-indigenes-menaces-1643/ ; The Conversation, ” Changement climatique : la société civile multiplie les actions en justice “, https://theconversation.com/changement-climatique-la-societe-civile-multiplie-les-actions-en-justice-74191 ; Médiapart, “Justice climatique : quelles traductions sur le terrain? L’exemple des recours climat “, https://blogs.mediapart.fr/marie-v-toussaint/blog/110917/justice-climatique-quelles-traductions-sur-le-terrain-lexemple-des-recours-climat

Pour les hispanophonesJugement de la Cour Suprême : https://www.dejusticia.org/wp-content/uploads/2018/01/Fallo-Corte-Suprema-de-Justicia-Litigio-Cambio-Clim%C3%A1tico.pdf?x54537&x54537

Pour les anglophones : Jugement de la Cour Suprême des Etats-Unis : https://www.supremecourt.gov/opinions/06pdf/05-1120.pdf

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